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       Ils ont commencé par parler de leur chat, Minet. J'ai écouté ce vieil homme et son épouse avec tendresse, me raconter que Minet était pour eux comme un enfant, qu'il n'avait qu'à regarder une boîte pour qu'on comprenne qu'il veut une friandise, ou la baie vitrée pour qu'on lui ouvre. Ils m'ont montré des photographies. Minet est un chat noir et blanc, « Une vraie tête de clown », m'ont-ils dit.

Et puis, Monsieur m'a parlé des abeilles qu'il a eues durant 34 ans. « Ces dernières années, ça ne marchait plus bien. Vous savez avec tous les pesticides et toutes les cochonneries qu'on met dans la nature... non, ça ne marchait plus bien. ». Ca m'a fendu le cœur. Ca n'était pas une émission impersonnelle à la télévision qui me le disait ; c'était un vieil homme, là, devant moi, qui avait constaté ça de ses yeux, SES abeilles ne « marchaient » plus bien. Lui qui a fait la guerre avec mon grand-père, il fallait encore que les humains viennent l'emmerder en cassant ses abeilles...

Il a pris la main de son épouse, sur sa cuisse. Il l'a appelée « ma chère épouse », et les sujets se sont enchaînés, dans le sourire, le rire, entre un sorbet au citron et un café. Mon cœur s'est rafistolé, c'était si touchant, ce vieux grand-père et cette vieille grand-mère, main dans la main, souriants... ils m'ont semblés si forts, si beaux.