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Enfant, à chaque année de plus on dit qu'on grandit ; adulte, on dit qu'on vieillit. Pourtant, les chiffres on s'en fiche bien, on fait nos chemins. A chaque détour, à chaque caillou, quelque chose grandit en nous et on apprend à se délester de tous les bagages qui aliènent notre liberté. Quelque soit notre âge, je crois que je n'ai jamais entendu quelqu'un me dire qu'il aimerait faire un retour en arrière.

Avancer avec plaisir dans le temps, c'est aussi prendre le risque de se dévoiler, d'être vulnérable, d'oser être soi-même pour exister pleinement. Ce n'est pas une faiblesse, mais la force de prendre la vie par le bon bout.

Si la sérénité consiste à ne pas courir après le temps, alors je veux encore marcher, écouter, toucher, sentir, regarder, goûter, caresser... me laisser guider par mes sens pour faire taire toutes pensées, cesser de ruminer le passé ou de me projeter dans un avenir incertain angoissé, pour humer pleinement l'intense saveur du présent. Le temps lui-même peut cautériser tout ce qu'on croyait inguérissable, et je n'ai pas peur d'apprendre à utiliser le sens du courant, comme le nageur pour parfois me laisser porter par les circonstances, parce que j'ose croire que certaines choses n'arrivent pas par hasard.

L'autre jour je disais "Carpe Diem" en regardant Miniloup droit dans les yeux, parce que j'en étais convaincue.

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