Mamie est partie à l'hôpital. Elle n'y a mangé que quelques cuillérées de soupe, et a demandé à ce qu'on lui donne une piqure pour mourir. Je l'aime, et comme je l'aime, je souhaite soit qu'elle rentre chez elle paisible, soit qu'elle puisse partir vite voler sur un oiseau multicolore par-delà les nuages. Je n'ai pas peur de sa mort. Ce n'est que le cycle de la vie, une page qui se tourne naturellement ;  mais mon petit coeur est serré car je ne veux pas qu'elle soit malheureuse. 

Je ne vais pas la voir à l'hôpital, c'est un choix. Je ne le ferai que si elle le demande. Papi, lui, ne voulait pas que je le voie ainsi, pour que je garde l'image d'un papi fringant sur ses deux pieds. 

J'ai eu mamie au téléphone avant qu'elle soit emmenée. Elle m'a dit : "Tu viendras me voir une fois, quand il fera beau".
"Quand il fera beau". C'est ce qu'elle me dit depuis tous ces mois durant lesquels je ne l'ai pas vue. 

Comme je la connais, Mamie, elle doit être en train de prier. Prier un Dieu splendide d'Amour et de Paix, pour qu'il fasse beau, peu importe où, tout le temps, partout.  

J'attends. 

"How The Angels Fly", par Mina.