13.05.13

Poésie

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10.05.13

Mai

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30.04.13

Taille humaine

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       Je suis allée à la petite boucherie-épicerie du village voisin. Tout paraît si simple dans une boutique ; j'appelle ça un endroit à taille humaine. Et puis je me sens un peu chez moi. Il y a des poutres au plafond, des meubles vieux gardes-manger en bois, des bibelots pour décorer et une chaise d'enfant peinte. C'est une famille qui gère. Leur métier est sain et concret. Ils se lèvent le matin pour gagner de l'argent ET tenir leur boutique. Moi, je sais où va mon argent. On plaisante, on rit, c'est bon-enfant. Une mamie se demande si ça lui "suffira pour trois repas", "meuh oui avec ça vous aurez assez madame **** !", qu'on lui dit en dialecte. Elle a l'air satisfaite. Ici, on est quelqu'un.

       Ensuite, je suis allée chercher des courses que j'avais déjà prévues dans un grand supermarché. J'ai pris l'autoroute, je me suis garée sur un champ de voiture, j'ai déambulé dans 2000m carrés de rayons pour trouver ce que je voulais, passé bien trop de temps devant cette cinquantaine de plaquettes de jambon, fait biper tous mes articles dans les mains d'une dame à une caisse qui ne fait que ça toute la journée très vite -bonjour, votre code, au-revoir bonne journée-, stressé pour sortir du parking, eu envie de rentrer vite pour que ma tâche soit finie, senti une odeur d'essence et de fast-food, rangé dans mon frigo des choses sous vide fabriquées dans de grandes usines. On est quand même bien cons d'en être arrivés là.

...

       Je n'ai aucune envie de finir mon article ainsi, alors je préfère vous dire qu'en rentrant de la boucherie-épicerie, je n'ai pas eu l'impression d'avoir fait une corvée, une tâche obligatoire qui bouffe mon temps, je n'étais pas impatiente de finir, j'ai pris plaisir au même titre que si je faisais une sortie pour mes loisirs. Une agréable détente. J'ai vu un chat qui regardait par une fenêtre et des chevaux dans les prés, les cloches de l'église ont sonné, j'ai senti une odeur de... pot-au-feu, peut-être ? Et j'ai rangé dans mon frigo des pommes et une côte de boeuf emballée par la bouchère dans un papier à carreaux roses.

Je sais comment je veux vivre.

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20.04.13

Velours

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14.04.13

Dans la douceur d'un matin d'avril

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Les groseilles se réveillent...

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Un petit déjeuner réchauffée sous le verre...

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24.03.13

Cher mes voisins, Cher Mini-Loup, je vous ai vus !

J'aime mes voisins. Mes voisins m'aiment (j'espère !) et aiment mon chien. Régulièrement, il a droit à de la viande fraîche de qualité, tout juste prélevée à la source.

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Mieux encore, l'autre jour, j'entends Mon Voisin Hubert appeler Miniloup. Je vais voir ce qui se trame, et je vois Hubert avec son assiette de midi, nourrissant Miniloup avec des morceaux d'entrecôte... à la fourchette. Et aujourd'hui, ...

... Miniloup se fait lancer des morceaux de.... côte de boeuf, par Ma Voisine Claudine (la femme d'Hubert). Je rêve ! 

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Aujourd'hui Mon Voisin Hubert a dit : "Miniloup est intelligent ; ça se voit dans ses yeux. Quand je le regarde, on se comprend. C'est comme si je pouvais lire dans ses pensées et qu'il pouvait lire dans les miennes.".

 

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16.03.13

Il y aura à jamais

Il y a mille oiseaux qui chantent au petit matin, qu'il fasse bleu ou gris, il y a la Mini-Tigresse que j'observe vivre sa vie dans l'immensité de son domaine, les arcs-en-ciel les jours de pluie, des odeurs de terre et des laits de noisettes chauds au chocolat, qui me font dire que j'ai trouvé La Vérité.

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09.03.13

Cocon

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Je me fais un cocon quand je prends une douche au milieu de l'après-midi.
Je me fais un cocon quand je prends ensuite pour le goûter des céréales au chocolat dans un yaourt nature, dans un bol coloré.
Je me fais un cocon quand je mets un gros gilet rose en tricot,
et aussi quand je mets sur la table de la salle à manger une nappe à petits carreaux rouges,
et enfin quand la Maison vient tout juste de s'enhardir d'une nouvelle pièce maîtresse : un poele à bois. J'en suis toute hypnotisée dès qu'un feu en boîte s'allume. Ah, j'aime, je n'en reviens toujours pas. C'était un rêve, qui est devenu réalité.

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04.03.13

Voilà

Parce que vivre, ça n'est pas se laisser faire, nous sommes de retour chez nous. Voilà.

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15.01.13

A celle

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       Voilà plus d'un an que je vous mens. J'ai dû quitter la maison du bonheur pour une histoire professionnelle. Voilà tout ce temps que mon coeur s'est arrêté de battre. Jamais je n'avais autant senti où était ma place. Loin des yeux, loin du coeur, dit-on. Et pourtant, partir n'a fait que me faire me rendre compte que je ne pouvais pas vivre dans cet ailleurs. Je n'ai cessé de chercher des solutions pour revenir. Et pourtant, sûrement jamais de retour possible. Pour des histoires de boulot, d'argent, de choses qui ne sont tellement pas "vivre". "Il faut faire des concessions dans la vie", "Tu as un travail, alors partir de ta maison, c'est secondaire", "Il faut t'y faire, tu trouveras un autre endroit chouette". J'ai pleuré. Et puis au bout d'un moment je me suis transformée en robot : je n'ai même plus su pleurer. Tout le monde me disait de me faire une raison.

Un locataire s'est mis dans "la" maison, tandis que j'en étais si loin, jalouse. Au bout de six mois, mamie à qui appartenait la maison est partie là-haut. Dix minutes après le coup de téléphone qui annonçait cela, le locataire a appelé pour dire qu'il résiliait son bail et que la maison était à nouveau libre. Ce soir-là, nous avons tous dit que la vie n'était peut-être pas toujours un hasard. Tout rappelait là-bas. Même mon père, si pragmatique, m'a dit : "Qui sait, ce sont peut-être des signes...". J'ai tout maudit de n'avoir aucune solution.

Je suis allée à l'enterrement de ma grand-mère, un jour de grand soleil, dans le village de "la" maison. Ce jour-là j'avais mis un gilet rose et un papillon dans mes cheveux parce qu'elle aurait aimé. Je suis passée devant chez moi la boule au ventre, mais comme si c'était encore chez moi.

       Six mois de plus sont passés. J'ai appris que je devais m'en-aller encore plus loin. Oh rien de plus que 531km, sans mobilité possible avant trois ans à peu près, seule. SEULE. Je le savais, et pourtant j'ai cru devoir, pouvoir me forcer, après tout dans la vie on ne décide pas, et ce fameux "il faut faire des concessions", "on ne peut pas tout avoir". 

       Et pourtant...

Aujourd'hui j'ai pu et décidé d'aller à l'encontre de ces derniers adages. J'ai posé une démission. J'ai osé. J'ai tout plaqué. Dans un mois et-demi, je retournerai dans la maison du bonheur. Je vais retrouver la maison, mes proches, l'immense jardin, les trois sapins du fond, les mirabelliers, les basses montagnes, les pâturages parsemés de chevaux...
Je me revois encore il y a un an, le jour où j'ai quitté mes trois grands sapins. Je les ai regardés, je leur ai demandé "Dites-moi que je vais revenir vite...", et à en voir le vent dans leurs branches j'en ai déduit un "oui".

Jamais je n'ai parlé de tout cela ici, en me disant que dans mon coeur et dans ma tête, je n'avais jamais quitté l'endroit où j'étais heureuse, et que je refuserai de l'avoir quitté dans ma tête et mon coeur, jusqu'à ce que j'y revienne.  

Jamais je n'ai fait une chose aussi folle, et aussi pleine et forte de sens. Oui, on peut toujours changer les choses. Rien ni personne ne devrait pouvoir vous dicter où et comment vivre, vous arracher à votre bonheur et vous dire que vous n'avez qu'à vous en refaire un ailleurs et autrement. Pour la première fois j'ai compris ce que c'était qu'un coeur qui refuse catégoriquement de se soumettre. Rien ni personne ne peut vous arracher ce que vous avez dans le coeur.

       Il y a quelques jours, retour dans LA maison. La voisine a aperçu le Mini-Loup dans le jardin. Exclamations de joie. Quand nous l'avions quittée, elle avait posé en cachette dans le jardin pour le Mini-Loup un petit faon en peluche. Celui qui appartenait jadis à son chat, m'avait-elle dit.

Elle est allée chercher son mari qui appelait Mini-Loup "Copain" : "Hubert, quelqu'un t'attend dehors, mais prends un Petit Pr*nce". Il a compris et j'ai vu toute l'émotion du moment dans ses yeux, j'ai à peine entendu sa voix émue dire "Oooh, mon Copain !" et j'ai vu son sourire immense. Il l'avait quitté tout bébé, il l'a retrouvé robuste et adulte, mais sa façon de lui parler n'a pas changé. J'ai vu mon chien qui n'avait rien oublié, rien, gémissant debout sur ses pattes arrières, comme un bébé.

J'ai tourné la tête un instant vers l'autre maison voisine, de l'autre côté du jardin. Juliette n'était plus derrière sa fenêtre. Juliette est morte il y a quelques jours, mais elle a encore su qu'on reviendrait. Tout est remonté en moi : la caisse de pommes de terres qu'elle m'avait donnée, le pot de confitures de groseilles que je lui avais tendu en échange et son merci tout ému. Chaque jour lorsque je passe de ce côté je crois voir encore Juliette derrière sa fenêtre.

Et j'ai eu envie de pleurer. Mais plus de la même façon.


Leonard Cohen - Hallelujah

De retour.

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