15.01.13

A celle

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       Voilà plus d'un an que je vous mens. J'ai dû quitter la maison du bonheur pour une histoire professionnelle. Voilà tout ce temps que mon coeur s'est arrêté de battre. Jamais je n'avais autant senti où était ma place. Loin des yeux, loin du coeur, dit-on. Et pourtant, partir n'a fait que me faire me rendre compte que je ne pouvais pas vivre dans cet ailleurs. Je n'ai cessé de chercher des solutions pour revenir. Et pourtant, sûrement jamais de retour possible. Pour des histoires de boulot, d'argent, de choses qui ne sont tellement pas "vivre". "Il faut faire des concessions dans la vie", "Tu as un travail, alors partir de ta maison, c'est secondaire", "Il faut t'y faire, tu trouveras un autre endroit chouette". J'ai pleuré. Et puis au bout d'un moment je me suis transformée en robot : je n'ai même plus su pleurer. Tout le monde me disait de me faire une raison.

Un locataire s'est mis dans "la" maison, tandis que j'en étais si loin, jalouse. Au bout de six mois, mamie à qui appartenait la maison est partie là-haut. Dix minutes après le coup de téléphone qui annonçait cela, le locataire a appelé pour dire qu'il résiliait son bail et que la maison était à nouveau libre. Ce soir-là, nous avons tous dit que la vie n'était peut-être pas toujours un hasard. Tout rappelait là-bas. Même mon père, si pragmatique, m'a dit : "Qui sait, ce sont peut-être des signes...". J'ai tout maudit de n'avoir aucune solution.

Je suis allée à l'enterrement de ma grand-mère, un jour de grand soleil, dans le village de "la" maison. Ce jour-là j'avais mis un gilet rose et un papillon dans mes cheveux parce qu'elle aurait aimé. Je suis passée devant chez moi la boule au ventre, mais comme si c'était encore chez moi.

       Six mois de plus sont passés. J'ai appris que je devais m'en-aller encore plus loin. Oh rien de plus que 531km, sans mobilité possible avant trois ans à peu près, seule. SEULE. Je le savais, et pourtant j'ai cru devoir, pouvoir me forcer, après tout dans la vie on ne décide pas, et ce fameux "il faut faire des concessions", "on ne peut pas tout avoir". 

       Et pourtant...

Aujourd'hui j'ai pu et décidé d'aller à l'encontre de ces derniers adages. J'ai posé une démission. J'ai osé. J'ai tout plaqué. Dans un mois et-demi, je retournerai dans la maison du bonheur. Je vais retrouver la maison, mes proches, l'immense jardin, les trois sapins du fond, les mirabelliers, les basses montagnes, les pâturages parsemés de chevaux...
Je me revois encore il y a un an, le jour où j'ai quitté mes trois grands sapins. Je les ai regardés, je leur ai demandé "Dites-moi que je vais revenir vite...", et à en voir le vent dans leurs branches j'en ai déduit un "oui".

Jamais je n'ai parlé de tout cela ici, en me disant que dans mon coeur et dans ma tête, je n'avais jamais quitté l'endroit où j'étais heureuse, et que je refuserai de l'avoir quitté dans ma tête et mon coeur, jusqu'à ce que j'y revienne.  

Jamais je n'ai fait une chose aussi folle, et aussi pleine et forte de sens. Oui, on peut toujours changer les choses. Rien ni personne ne devrait pouvoir vous dicter où et comment vivre, vous arracher à votre bonheur et vous dire que vous n'avez qu'à vous en refaire un ailleurs et autrement. Pour la première fois j'ai compris ce que c'était qu'un coeur qui refuse catégoriquement de se soumettre. Rien ni personne ne peut vous arracher ce que vous avez dans le coeur.

       Il y a quelques jours, retour dans LA maison. La voisine a aperçu le Mini-Loup dans le jardin. Exclamations de joie. Quand nous l'avions quittée, elle avait posé en cachette dans le jardin pour le Mini-Loup un petit faon en peluche. Celui qui appartenait jadis à son chat, m'avait-elle dit.

Elle est allée chercher son mari qui appelait Mini-Loup "Copain" : "Hubert, quelqu'un t'attend dehors, mais prends un Petit Pr*nce". Il a compris et j'ai vu toute l'émotion du moment dans ses yeux, j'ai à peine entendu sa voix émue dire "Oooh, mon Copain !" et j'ai vu son sourire immense. Il l'avait quitté tout bébé, il l'a retrouvé robuste et adulte, mais sa façon de lui parler n'a pas changé. J'ai vu mon chien qui n'avait rien oublié, rien, gémissant debout sur ses pattes arrières, comme un bébé.

J'ai tourné la tête un instant vers l'autre maison voisine, de l'autre côté du jardin. Juliette n'était plus derrière sa fenêtre. Juliette est morte il y a quelques jours, mais elle a encore su qu'on reviendrait. Tout est remonté en moi : la caisse de pommes de terres qu'elle m'avait donnée, le pot de confitures de groseilles que je lui avais tendu en échange et son merci tout ému. Chaque jour lorsque je passe de ce côté je crois voir encore Juliette derrière sa fenêtre.

Et j'ai eu envie de pleurer. Mais plus de la même façon.


Leonard Cohen - Hallelujah

De retour.

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04.12.12

Il

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       Quand j'ai repris la maison de tes parents, j'ai tout de suite compris que vous étiez tous encore là, et que j'étais faite pour y aller. Quelque chose d'indéfinissable -je me dis qu'en fait, c'était toi- m'a fait me dire que j'avais trouvé un endroit où j'étais heureuse. Elle vivra belle, ta maison, et je garderai son esprit intact. Je n'y ferai que ce que tu aurais pu aimer aussi.

J'ai gardé toutes les peluches, et je n'oublierai jamais le jour où Patachon m'attendait sur les escaliers. Je n'ai plus mangé de Malabars depuis toi, et je ne voudrais plus que quelqu'un d'autre me fasse une tartine de pâté de canard pour le goûter.

J'ai un drôle de chien non ? Celui-là aussi, je suis presque sûre que tu fais partie de ceux qui me l'ont envoyé pour me faire toujours rire. Ah, j'aimerais tellement te voir avec lui, t'entendre rire, lui dire que "c'est un bon chien". 

J'ai récupéré ta mandoline, et je la chéris comme un des plus grands trésors que je possède. Je n'arrêterai jamais le piano. Je sais que tu m'entends.

J'aurai besoin toute ma vie de toi pour veiller sur moi. Je me suis demandé ce que tu aurais voulu pour moi. Tu aurais dit que peu importe, pourvu que je sois heureuse, alors tu le serais aussi. Comme ça, je n'aurai plus jamais le choix.

 

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11.11.12

Merlin

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27.10.12

Milou dans les nuages

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10.10.12

Un beau et chaud octobre

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13.09.12

Aujourd'hui j'ai dit :

"Les chats sont des gens comme les autres.".

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22.08.12

Les Petits Riens

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       Imaginez que vous vous réveillez dans votre chambre tout en bois. Vous ouvrez le volet et tombez nez à nez avec un ciel bleu du petit matin radieux, sur lequel se dessine une montagne de bien 2000m. Une jolie montagne, avec la même forme que celles que dessinent les enfants. La lumière du matin lui donne une couleur et un reflet particulier.

Vous avez faim, vous allez prendre le petit déjeuner, dans une grande salle aussi tout en bois et en pierre. Imaginez un buffet monumental de petites confitures maison, pâte à tartiner, fromage, charcuterie, salade de fruits, corbeilles de fruits, céréales, pains en tout genre, croissants, petits pains au chocolat, gâteau, madeleines, escargots à la crème... Inévitablement, vous vous découvrez un appétit d'ogre du matin, et Dieu que ça fait du bien !

       Et puis, armés, on sort, arpenter des chemins qu'on connaît, pour aboutir sur d'autres qu'on ne connaît pas. Tout est à sa place : la grande fontaine en pierre, la vieille ferme, le basset qui aboie, les daims, les neiges éternelles au loin, le torrent et son doux bruit que j'aime plus que tout autre bruit au monde... Je ne cherche pas de "sensations fortes" au sens commun du terme. Mes sensations fortes, c'est ça, les manifestations de la vie de tous les jours, mais de la vie très douce, et pourtant on les appelle "les petits riens".

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21.08.12

Plaisirs simples

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     Je vous invite à savourer des plaisirs simples et primaires. Le matin, je vous invite à regarder se lever le soleil sur la montagne...

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...puis aller au torrent, et regarder y fureter l'Epagneul, excité, curieux, trempé, heureux, et tenter délibérément, un peu fou-fou, de le suivre, caillou par caillou sous vos grosses chaussures bien moins pratiques que des pattes griffues.

       L'après-midi, suivez-nous des centaines de mètres plus haut (mais en promenade douce, pas en randonnée harassante), caresser les panoramas vertigineux, et arriver à un lac de haute montagne vert tendre. Je vous conduis jusqu'à la ferme qui le surplombe. Les vaches paissent, les chiens les surveillent, et on vous vend un fromage tout frais.

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20.08.12

Que le temps s'arrête

       La lumière du soleil couchant éclaire le haut du Mont. Il fait encore bien jour. Cette lumière a toujours été celle que je préfère : la plus douce qui soit. Souvent, j'aimerais que le temps reste un peu bloqué là. On met un petit gilet, ça sent les repas qui se préparent dans les chalets, l'effervescence de la journée est retombée mais celle du soir se prépare dans les intérieurs... j'en ai des frissons en l'écrivant, et une frustration immense de ne pas savoir décrire comme je l'aimerais avec des mots. C'est d'ailleurs sûrement ce côté indescriptible, qui fait que ce moment est toujours aussi fort et doux comme une caresse, et propice à tous les espoirs, toutes les envies, tous les bonheurs.

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19.08.12

Sauvage

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Il y a un an à ce même endroit, il avait trempé ses pattes quelques secondes et était ressorti assez vite. Aujourd'hui, il s'élance dans le ruisseau sans même hésiter, attrape l'eau avec sa gueule, furette, explore et n'en sort plus. Mon loup petit format a l'air fort heureux, rapproché de son état sauvage naturel, et j'adore, vraiment j'adore le voir ainsi.

J'ai des chaussures toutes neuves et les voilà déja trempées dans l'eau et un peu verdies par l'herbe. Et je m'en fiche, bien au contraire. Elles portent la marque de la liberté.

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