17.08.12

Les Maîtres de la nuit

       Nous sommes 4 et Jo notre guide à avoir encore le courage de marcher une heure pour rejoindre un chalet d'alpage des années 1700... histoire d'y rejoindre ceux qui y sont allés en véhicule, et y mériter notre dîner. Nos compagnons de route sont âgés de 20 ans de plus que nous et c'est un plaisir. Par quelle magie ici puis-je aimer les gens ? Ils sont différents. On ne parle ni politique, ni argent, ni actualité, ni malheurs. On parle de la vie ici et maintenant. De la montagne qu'elle est belle, de la vallée là en-bas dont les maisons deviennent de plus en plus petites plus on monte, des magnifiques chalets de part et d'autre du chemin, des choses à manger qui nous attendent. C'est ça la vie, rien d'autre. Je voudrais que toute ma vie, interagir avec les gens, ce soit ça. "Ah salut Jo !", lance un fermier. Il est en-train de sortir ses vaches de leur pré, pour leur faire rejoindre la ferme. Elles font un bout de chemin à nos côtés. En tout point la vue est très ouverte, dégagée sur la vallée, les prairies de montagne. On se sent terriblement libre.

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"Dernière ligne droite", dit Jo. Au bout de cette ligne, enfin le vieux chalet, majestueux. On nous aperçoit : "Ah ! J'ai cru que vous aviez perdu les jeunes ! J'ai cru que vous aviez perdu Elle !". On nous sert un kir et quelques chips sur une table en bois à l'extérieur. Un homme joue de l'accordéon, des enfants jouent tout court, et en moi se joue le sentiment d'un moment parfait de quiétude, là, face au Mont.

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       La soirée continue dans le chalet, protégée dans ce nid de vieux bois chaleureux, au son de l'accordéon, au goût de la soupe à l'oignon, de la potée, du fromage et de la tarte aux myrtilles. J'aime ce retour aux sources, bien loin de la vie moderne. Le retour à une vie beaucoup plus saine, plus primaire. Du bois, du feu, des aliments de petits producteurs, pas un appareil moderne en vue. Et tu sais, rien ne nous manque. Rien. Avant que la nuit ne tombe, je sors un instant sur le balcon. Dans mon dos derrière les petites fenêtres, ça sent le repas et ça discute. Devant moi, la montagne se dessine sur le ciel du soir, me donnant des frissons.

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       La nuit est complètement tombée. La soirée s'achève en même temps que le feu dans l'immense cheminée d'époque en pierre. Jo nous accompagne pour la descente dans la vallée. Il raconte en marchant : "Il y a un cerf qui rôde par ici. Il y a quelques semaines, j'ai trouvé un de ses bois ! J'ai bien cherché le deuxième, mais je ne l'ai jamais trouvé". La première partie du chemin est entourée de forêt. Avec juste la lumière de la petite frontale de Jo, j'ai des frissons. On voit à 4m devant nous, le ciel est parsemé d'étoiles, et malgré la nuit, les sapins et les contours de la montagne se dessinent majestueux sur le ciel. "Ah, quand tu vois une biche qui traverse devant toi, ça fait quand même bizarre". Dans le fond, j'aimerais bien. Je suis silencieuse, un peu à l'affut. Je sais qu'à cette heure tout vit. Tout ce qu'on ne voit pas le jour. On baisse la voix pour parler, et pourtant, aucune utilité. C'est la vie de la nature la nuit qui s'impose à nous.

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       Les premiers chalets apparaissent de part et d'autre du chemin. Jo lève sa frontale vers le pâturage à côté de nous : "Regardez ! Les yeux ! Un renard. Ah ! Et un autre là !". On ne voit que quatre billes qui brillent, quatre étoiles maîtresses ici.

On discute de la vie, de l'envie d'une vie rurale où l'on s'aiderait de partage et d'échange, où l'on cultiverait ses fruits, ses légumes, et où l'on vivrait de cela, point. Rien d'autre. Je sens le dépit, le dégoût puis la révolte dans nos voix, lorsqu'on évoque le travail, la vie quotidienne qui n'est pas comme elle devrait être. Au fond, il y a peut-être plein de gens chez qui cela bouillonne. Peu importe si l'on dit que c'est une utopie, ce soir j'ai décidé de croire à tout ça, et personne ne pourra venir me déloger d'ici, de mes pensées et de mes envies.

       Quelques lumières sont allumées dans les chalets. Devant l'un d'eux, à une table, à la lueur de bougies, un homme joue de l'accordéon en lisant ses partitions posées devant lui. Deux personnes l'écoutent, attablées elles aussi. A part nous, observateurs sur le chemin, c'est la seule manifestation de vie humaine à l'extérieur, là, dans la nuit, à la montagne... en parlant de la vie.

 

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16.08.12

Libre

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      L'arrivée dans le petit village de montagne, niché dans une large vallée, est à chaque fois en moi comme une tempête joyeusement agitée, mixée avec un ouragan de relâchement. Le Mini-Loup avait à peine 4 mois quand il est venu ici pour la première fois. Un an plus tard, trois fois plus gros au moins, des franges aux pattes, c'est maintenant un grand chien. Il déambule dans le tout petit fossé d'eau qui long le chemin. Il a les pattes boueuses et j'aime ce côté loup, bien loin du chien urbain propret.

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08.07.12

Tout doucement

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19.05.12

Joli mois de Mai

       A la maison, c'est tellement bien. Construire son bonheur sur l'immédiatement et simplement accessible me plaît. Je n'ai pas l'impression de n'avoir rien fait quand je me suis promenée dans le jardin, quand j'ai arraché quelques mauvaises herbes dans le potager, joué un morceau de piano, préparé des coupes de fraises à la chantilly, collé de belles images dans mon petit carnet, discuté avec les voisins et regardé la lune avant d'aller me coucher.

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01.05.12

Canin-Canine

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30.04.12

Une baleine dans les nuages

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02.04.12

Le Monde des Odeurs

       J'étais dans mon bain, quand l'odeur puissante du produit au thé vert m'a prise. Elle m'a transportée là-bas, à la montagne, parce que ce bain moussant est un petit souvenir que j'en ai ramené. Je n'ai pas vu d'images ni même fermé les yeux ; c'était plutôt comme si l'instant lui-même, le monde, le moment, était revenu "là-bas". C'est comme ça que j'ai eu envie de parler du monde des odeurs, plus puissant que je ne l'imagine.

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Un nuage de terre mouillée de pluie, et tout est zen
Un parfum de repas de midi dans une rue ensoleillée, et la simplicité de la vie m'envahit
Un fragrance de gazon en soirée d'été et je suis prise de légèreté
Un fumet d'oignons qui fondent dans du beurre et je deviens folle
Un bouquet de draps frais et je m'endors tout en douceur
Une effluve de Dolce Vita et je suis avec ma mère
Une senteur de vrai fumier à la campagne et je quitte le monde moderne
Un arôme de barbecue en soirée et la carnivore en moi s'éveille
Une essence de feu qui crépite dans le poele et j'ai envie d'être dans des bras
Une odeur de lilas et je suis autant femme qu'enfant
Un bonheur de sapin et...

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03.03.12

Reine

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16.02.12

Berceuse

 2010

     Vous venez de poser la tasse de chocolat au lait chaud sur la table, à côté d'un cookie chocolat blanc et Sma*ties. Vous approchez votre nez de la tasse pour en sentir l'odeur. En attendant que ça ne soit plus brûlant, vous vous mettez au piano et jouez un morceau intitulé "Rêverie sous les arbres". C'est une berceuse pour votre épagneul breton qui baille, puis ronfle doucement sur son coussin, à côté de vous. Le morceau terminé, vous vous levez, et vous regardez dehors.

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08.01.12

Neige

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      D'où vient cette euphorie collective autour de la neige ? Elle est sans doute le reflet de l'alchimie qui nous relie à la beauté, celle que l'on perçoit instinctivement, car c'est la Terre qui la crée. Alors elle nous recouvre, divine protection, et devient le symbole que du renouveau flotte dans le vent. Oui, aussi légèrement que les cristaux. Elle est le calme doux et feutré aussi bien lorsqu'elle est posée que lorsqu'elle est en train de tomber; et est l'énergie d'une danse virevoltante si elle s'acoquine avec un courant d'air. Elle est le paradoxe même. D'ailleurs elle ne tombe pas: elle papillonne. Et puis il y a ce "Elle est là, ça y est !", comme celle que l'on attendait, mais sans savoir pourquoi, et c'est ce qui est si bon.

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