30.03.11

Ses Grands Yeux Noirs

002        Ce n'était pas un rêve, c'était la réalité : la voiture montait dans la forêt, on voyait la plaine au loin, et puis à un moment, juste les montagnes-collines, les arbres, les prés et les petits villages qu'on traversait. Le Rocher se détachait sur le ciel bleu mais doux de dix-huit heures, majestueux, au loin. Et on est arrivé à destination, au village.

       Elle est un peu en hauteur par rapport aux autres de la rue, comme un domaine. A l'avant, de petits bouquets de fleurs sauvages violettes, roses, jaunes, poussent dans l'herbe du jardin. Un escalier en pierre un peu esquinté mais charmant mène à l'entrée. Une grande terrasse encadre la porte. D'ailleurs, il n'y a pas qu'une porte, il y en a deux : quand on entre ici, on entre dans un nouveau monde. La première est ordinaire, la seconde est une arcade en bois. Le parquet en chêne offre des appuis doux sous les pieds. A peine dans le salon, on est attiré par une lumière : celle de la véranda. La rue, les escaliers en pierre, la terrasse, l'entrée, le salon, la véranda, tout va si vite dans mon souvenir et... le jardin. Il est interminable ; je n'en vois même pas le bout. Le grillage se fond si bien dans le décor, que l'on dirait qu'il n'est même pas fermé. Tout au bout trônent trois immenses sapins comme des protecteurs. Au-delà, l'horizon est décoré d'un verger. Juste un verger, avec quelques arbres éparses. Ce n'est pas un rêve, c'est la réalité. Quand on se retourne, on voit la maison toute petite. La vue du jardin est parsemée de pommiers, de cerisiers et de cassis qui offrent, dit-on, des fruits à n'en plus savoir quoi faire. 

       Je l'ai entendu dire "elle est à toi de toutes façons". J'ai imaginé l'escalier refait, et les photos d'avant/après. J'ai eu des visions de futur. Quelque chose m'a traversée. Quelque chose qui m'a dit qu'elle était là, la vie. C'était comme un frisson, une évidence, plus fort que moi. J'ai senti un courant d'air. J'aimerais qu'on se batte, pour que rien ni personne ne décide de l'endroit où doit se faire notre vie, nous catapulte là où il faut être et pas là où on a envie et décidé d'être.

       Le village était calme. Des moutons paissaient dans un petit pré voisin. Je cueuillais des poignées d'herbe grasse, et en relevant la tête je voyais ce gros museau noir-brun, ces grands yeux noirs, ces oreilles en arrière et presque un sourire. L'imposant cheval de traite attendait avec une impatience qui tenait de la joie que je lui donne sa friandise. Il était très gros et trapu, une force tranquille, presque irréel. Il l'a prise avec délicatesse et a disparu derrière les arbres. Ce n'était pas un rêve.

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01.03.11

Le plus beau cadeau du monde

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       On irait prendre le repas sur des chaises et des tables en bois, avec des serviettes à carreaux rouges et blancs qu'on n'aurait plus besoin d'avoir envie de voler.

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On irait devant le Mont derrière lequel le Soleil glisserait déjà, nous offrant cette tendre lumière de début de fin d'après-midi d'hiver. On pourrait s'éloigner de tout le monde dans la vallée, observant de loin le village vivre sans trop d'effervescence. Ca sentirait quelque chose d'indescriptible. Peut-être la neige, peut-être juste la fin d'après-midi, peut-être juste la montagne, peut-être juste la douceur. Ce serait doux comme un papillon qui ouvre lentement ses ailes en souriant.

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Et le Mont nous offrirait ce rituel, cette vie. Il nous protégerait de tout et de tout le monde, à l'infini, et je ne m'en lasserai pas. On saurait que c'est pour toujours, et on serait heureux.

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28.02.11

Une Vie tous les jours comme ça

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       Une vie tous les jours comme ça, ce serait le plus beau cadeau du monde qu'on pourrait me faire.
On se réveillerait quand on voudrait, doucement avec la lumière du jour. On ouvrirait les rideaux et un peu la fenêtre, jaugeant la météo du bout du nez par la brume ou le ciel bleu sur le Mont. On s'habillerait, puis on irait petit-déjeuner le buffet à volonté.

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On irait chercher quelques affaires, puis on partirait se rouler, gambader, sauter, danser, chanter, jouer dans la neige. On écouterait le ruisseau, apporterait des épluchures aux daims et dirait bonjour au beagle qui ne meurt jamais. On croiserait des traces de pattes sauvages et des chiens heureux en liberté.

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29.10.10

Croissant

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01.09.10

La clef des champs

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C'est un terrain de famille, acheté pour faire paître les vaches, et transmis de génération en génération. Il est devenu verger avant guerre, se parant de mirabelliers, quetschiers et pommiers.

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Gardez vos trésors. Carpe diem.

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30.08.10

A ceux qui ont croisé ma route

(Sur une musique de Ludovico Einaudi - Nuvole Bianche)

Aux âmes libres sur Terre
Détournant leur chemins
De l'écheveau amer

Aux yeux de jade et de verre
Qui ne demandent rien
Que des terres en jachère

Posant leurs serres et leurs vies
Sur la litière frêle
En épousant la pluie

Itinérants sans oeillères 
Et partisans de rien
D'où libérés de tout

L'ivresse de vos corps étincelle
De l'obsession immense
D'une vie sensuelle

A vos mémoires anonymes
Immaculées de l'ère
Où la planète périme

A toutes celles qui ont fui
Sous l'écorce sculptée
Par leurs pairs en repaire

Les lâches sont les seuls méprisables
Que la grâce indiffère
Dans leur vie périssable

La Terre vous a pris sous son aile
Dans un flot immortel
D'une caresse de flanelle

Aux âmes libres sur leur Terre
Régnant heureuses et belles
Dans leur monde à leur air

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07.07.10

Nala dans les nuages

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24.05.10

Vie

Sur une musique de Nobuo Uematsu, Eyes On Me

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23.05.10

Tout est possible

       Je suis allée me rafraîchir à 1669m d'altitude, avec dix degrés de moins que dans la vallée, mais un soleil charismatique. La bande-son de la montagne est impressionnante. J'ai tourné la tête quelques secondes, puis l'ai remise dans l'axe du sentier et... "OH !" -  "QUOI ?... OH !". Un bouquetin sorti de nulle part, était à quelques mètres devant moi. Il m'a contournée, nonchalant, libéré, pas dubitatif pour un sou... et a continué son chemin sur le sentier, comme un promeneur.

2010

2010

Enfin, arrivée au lac glaciaire bleu-vert-transparent... vivant. Une grosse plaque de neige fondait. Retour dans la vallée seulement après une bonne heure.

Le soir, après un repas de roi et le reste du muscat, quelqu'un a dit : "C'est ça, la vie". Réinventée.

Tout est possible.

2010

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21.05.10

Le Papillon

2010

On a croisé des daims et un aigle qui tournait, tournait, tournait, tou... descendait en piqué. Parfois, je m'éloignais un peu. Je plongeais mes mains dans l'eau fraîche, et marchais nonchalante, rêveuse et chantonnante. J'explorais un territoire.

2010

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2010

2010

2010

Le soir, je me suis dit que cette lumière du soir était jouissive. Les cloches des vaches se sont faites entendre, alors que je regardais, émerveillée, un large rayon de lumière douce, presque à l'horizontale. Un air de vie quotidienne a plané tout autour de moi ; celui qui m'a fait dire que celle dont je rêve ressemble à cette aura, là, tout de suite, maintenant.

A table, un petit d'homme a dit en observant mes mains : "Oh, elle a une jolie bague !". C'était un papillon vert.

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