30.08.10

A ceux qui ont croisé ma route

(Sur une musique de Ludovico Einaudi - Nuvole Bianche)

Aux âmes libres sur Terre
Détournant leur chemins
De l'écheveau amer

Aux yeux de jade et de verre
Qui ne demandent rien
Que des terres en jachère

Posant leurs serres et leurs vies
Sur la litière frêle
En épousant la pluie

Itinérants sans oeillères 
Et partisans de rien
D'où libérés de tout

L'ivresse de vos corps étincelle
De l'obsession immense
D'une vie sensuelle

A vos mémoires anonymes
Immaculées de l'ère
Où la planète périme

A toutes celles qui ont fui
Sous l'écorce sculptée
Par leurs pairs en repaire

Les lâches sont les seuls méprisables
Que la grâce indiffère
Dans leur vie périssable

La Terre vous a pris sous son aile
Dans un flot immortel
D'une caresse de flanelle

Aux âmes libres sur leur Terre
Régnant heureuses et belles
Dans leur monde à leur air

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15.08.09

Lune

Lune

       J'avais pour habitude de rôder en observatrice aux alentours de la tanière. Ce que je préférais, c'était me poser au devant de l'entrée les soirs de température clémente, mi-clore mes yeux et lever le museau pour mieux humer le soleil qui se couchait derrière les sapins qui bordaient la clairière. J'étais bien.
La nuit subreptice tombait alors que je remontais les paupières, agrandissant mes iris. Je m'en retournais à l'intérieur. Je redoutais le silence de la nuit, son hostilité ainsi que les ombres qu'elle dessinait à côté de ma couche. Je soupirais dans la mousse ; et m'endormais.

       Un soir, à mon rendez-vous habituel avec l'astre du jour, je vis passer la forme d'un corps robuste à l'autre bout de la clairière : il longea les sapins en tapinois, puis s'arrêta loin mais face à moi. J'humai. Il huma. Un peu de piquant de baie, de douceur de terre humide et mille autres saveurs familières que je ne sus définir. Il avança vers moi, d'un pas prudent mais rassurant, alors que je restai stoïque mais tendue. Arrivé à quelques mètres à peine de moi, il bondit en arrière, vieux réflexe de vagabond solitaire, sans doute. Il fit volte-face, me tournant l'échine, tandis qu'happée par l'instant je le succédai de quelques pas. Ce fut sûrement un craquement d'herbe qui le fit s'arrêter et se retourner. Je m'immobilisai alors sur mes quatre pattes. Il m'observa un instant et s'en-alla en ligne droite parfaite vers les sapins du fond de la clairière. Il disparut.
La nuit était tombée. Pour la première fois je ne m'en préoccupai pas.

 

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