12.10.08

Cher Automne,

       Je m'apprête à m'endormir, enchantée de notre rendez-vous de ce dimanche, tant notre entente a été une réussite. Tes vives -mais douces- explosions de couleurs m'ont charmée; et lorsque tu m'as prise au cœur de tes bras -où la température y était parfaite-, pour contempler avec moi, j'ai été troublée.

08

Ah, la cascade... Elle qui n'était qu'un filet d'eau il y a encore un mois, elle coule maintenant vingt cinq mètres un peu plus audacieux, avant de devenir carrément avenante dans quelques mois. Que l'on m'explique ce qui m'a fait jeter mes pas en avant -avec mesure- jusqu'à vouloir escalader follement le mur de porphyre. Tu as bien souri, m'habillant de ton regard tendre, lorsque je me suis posée au pied de la cascade, là, debout, les mains appuyées sur une pierre, le nez en l'air... et si petite, et tellement en-bas ! Devant moi, ton présent qui murmurait, cliquetait, géant, brillant; à mes côtés, toi, bienveillant, là. J'avais la fougue, parce que j'étais bien, avec toi.

Je vais maintenant éteindre la lumière. Dans une poignée de minutes j'espère que tu viendras me chuchoter pour m'endormir la légende des Géants, ceux du château fort en ruines qui surplombe la cascade.

Je souffle avec délicatesse sur une de tes feuilles roussies,

Elle

Posté par Nelle_ à 17:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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