24.07.07

Châtelaine

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20h00. Assise sur le rebord de la baignoire, je ferme la boucle de mon escarpin noir verni, savourant le geste. Je jette un dernier regard dans le miroir de l'entrée ; mes mains dans ma nuque ferment un tour de cou perlé blanc.

Dîner en extérieur, tout au long de la nuit tombante et jusqu'au noir complet. La bougie fait de l'oeil pétillant, les fenêtres allumées dans les tours du château appellent.

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Minuit. “Je vous invite à aller au Grand Salon; le barman viendra s'occuper de vous”. Je m'amuse : il est étranger, et prononce la fin de “barman” comme la fin de  “maman”.

Le Grand Salon vous fait comprendre que la vie de château se complaît encore mieux de nuit. L'obscurité le rend plus attirant. Vous verriez chaud comme les canapés dodus rouges sur lesquels vous vous affaisseriez, comme la cheminée imposante qui en fait presqu'oublier les peintures murales en trompe-l'oeil de part et d'autre. L'architecture impeccable des siècles passés fait vivre la saveur de l'Histoire, qui n'est plus passé pour celui qui s'emplit des lieux. Quoique les lieux s'emplissent de vous jusqu'à vous happer doucement comme on enlace. Et cette sensation qu'il ne peut rien vous arriver.

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Un barman vient prendre la commande. Un téléphone sonne dans la pièce voisine. Il s'excuse, s'en va rapidement en s'exclamant doucement : “C'est le café !”. Je ris.

Par la fenêtre où je me poste, j'observe la cour intérieure, où les lumières discrètes mettent en valeur les pierres jaunies.

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Un peu plus tard, l'extérieur m'accueille dans la fraîcheur. De petites lumières chaperonnent les dépendances et les tours. Je franchis le pont, me retourne. Derrière-moi, la porte d'entrée du château. Je m'asseois sous une arcade un instant, puis rebrousse chemin. Avant de franchir la porte, me retourne une dernière fois sur le tilleul qui ne frémira pas d'une feuille.

Un conte, dénué de toute importance temporelle, dans lequel la moindre respiration, l'infime regard, façonne les perceptions les plus discrètes d'un grand raffinement.

Demain, je m'en-irai.

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23.07.07

Volupté

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Je suis près du château aux pierres dorées. Ah, cette terrasse d'herbe interminable aux rocking-chairs, bordée de lavandes, surplombant le panorama ! Abeilles et papillons se délectent de l'élixir violacé. Derrière, des tables et chaises à l'ombre des tilleuls en guise de toîts. Un jeune garçon demande une glace à la fraise.

Je redescends les escaliers et m'allonge au bord de la piscine. Un léger vent secoue les parasols. Des oiseaux rasent la surface. Tout est si bien pensé, feutré, discret ; on s'endort.

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22.07.07

Château

“Château", le portail s'ouvre. On m'ouvre la porte de la voiture; en route pour un autre monde.

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Jamais je ne m'étais rendue compte de la grandeur du jardin. Une longue allée mène à la fontaine, derrière laquelle deux statues de femmes prennent la pose. Je me retourne : le château trône fièrement, majestueux, tout au bout de l'allée. Nous sommes au dix-septième siècle. Si l'on s'aventure encore derrière, l'on arrive au potager. Plus loin, on longe les murs parsemés de fleurs, de poires, sans vraiment penser sa direction. Le verger m'accueille, c'est sans doute la partie que je préfère et m'attarde à souffler les pissenlits.

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