12.06.09

Souvenirs

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24.02.09

J'y suis

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             J'étais à un endroit où le territoire est protégé contre l'urbanisation, j'étais dans des réserves naturelles, j'ai marché dans bien plus d'un mètre de neige, j'ai mangé des potages de légumes, de la fondue, de la pierrade, et pour le petit déjeuner, des croissants au N*tella. J'ai flirté avec le soleil, j'étais à la piscine de mille couleurs quand vient le soir, et dans le jacuzzi. J'ai chanté "Les copains d'abord" et dansé sur "les Démons de minuit", j'ai senti l'odeur cocoon de midi au village, j'ai vu des pirates et des petites fleurs à carnaval, j'ai entendu un oiseau chanter: "Où es-tu ?", j'ai fait de grandes promenades dans la nature, j'ai pris l'apéro en mangeant des bouts de jambon séché avec les doigts, j'ai acheté des saucissons au marché, j'ai eu envie de faire des batailles de boules de neige avec un enfant, j'ai vu des couchers de soleil roses sur la montagne.

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10.01.09

Hivernade

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Pour une hivernade:

- Un soir vers 16h
- -10°C et de la neige dehors
- Du feu dedans
- Un chocolat chaud avec de la crème chantilly en haut
- Un gilet en grosse maille
- De longues chaussettes, un pantalon en coton
- Une couverture
- Un ronron-chat
- Un air-cocon de musique ou un joli film à regarder

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03.12.08

Et pourquoi pas ?

NOUV (1)

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20.11.08

Piano

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Nous jouons comme je respire, voilà combien de jours, voilà combien de nuits ?
"Viens, je t'emmène" : je t'entends me le dire.
Parle-moi.
Encore.
Je garde pour nous les caresses ;
Apprends-moi les doigts qui se délient,
Aussi.
Faisons corps, Toi,
Emoi.
Prends mes mains,
Que je les laisse glisser,
Sur toi.
Fais-moi dire tout haut ce que je pense si bas.
J'aime qu’on ne te comprenne,
Sauf moi.
Je respire comme nous jouons.
Porte mes secrets, mes sourires et envole-les,
Envole-moi.
Le temps passe à pas de géant,
Emerveille-moi.
Si on t'enlevait à moi je ne serais pas
Moi.

Je t'aime.

 

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12.10.08

Cher Automne,

       Je m'apprête à m'endormir, enchantée de notre rendez-vous de ce dimanche, tant notre entente a été une réussite. Tes vives -mais douces- explosions de couleurs m'ont charmée; et lorsque tu m'as prise au cœur de tes bras -où la température y était parfaite-, pour contempler avec moi, j'ai été troublée.

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Ah, la cascade... Elle qui n'était qu'un filet d'eau il y a encore un mois, elle coule maintenant vingt cinq mètres un peu plus audacieux, avant de devenir carrément avenante dans quelques mois. Que l'on m'explique ce qui m'a fait jeter mes pas en avant -avec mesure- jusqu'à vouloir escalader follement le mur de porphyre. Tu as bien souri, m'habillant de ton regard tendre, lorsque je me suis posée au pied de la cascade, là, debout, les mains appuyées sur une pierre, le nez en l'air... et si petite, et tellement en-bas ! Devant moi, ton présent qui murmurait, cliquetait, géant, brillant; à mes côtés, toi, bienveillant, là. J'avais la fougue, parce que j'étais bien, avec toi.

Je vais maintenant éteindre la lumière. Dans une poignée de minutes j'espère que tu viendras me chuchoter pour m'endormir la légende des Géants, ceux du château fort en ruines qui surplombe la cascade.

Je souffle avec délicatesse sur une de tes feuilles roussies,

Elle

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20.08.08

Comme un cerf-volant

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       Je l'aimais bien, son cerf-volant aigle. C'est le seul qu'on a su faire voler dans le verger, une fois je crois. Qu'est-ce qu'il nous a fait courir ! Et puis, l'histoire de la Glinglin, j'y croyais. J'y croyais parce que c'était Lui qui racontait. Rien n'est absurde quand on est petit, sauf les problèmes des grands.

On ne s'est jamais perdus dans la forêt, mais je l'entends encore nous dire : "Si vous vous perdez un jour dans ma forêt, vous marchez toujours, toujours tout droit".

Les chaises à fleurs brunes et orange et les tables de camping vertes en formica, ça faisait hippie. Les grandes lunettes de soleil aussi. On était trop petits pour monter aux échelles et cueillir les mirabelles et les quetsches; heureusement qu'un des pommiers avait poussé en pensant à nous: assez couché pour qu'on puisse y pendre des couvertures pour faire une cabane. Je l'appelais déjà "mon arbre".

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       On ira, des tas de fois, comme un quotidien, à ce "chez-moi". J'aurai une robe à fleurs, mes longs cheveux lâchés qui tomberont dans le bas de mon dos, et de grandes lunettes de soleil. On emmènera de la grenadine. On fera la sieste sous la brise, puis tu grimperas dans le mirabellier les yeux encore embués, et me lanceras un fruit cueilli au plus haut, pas vraiment au hasard.

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23.07.08

L'intensité de la lumière

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       Flotte une odeur d'herbe, d'arbres fruitiers, de vignes, de leur terre, de chemins de promenade, de soir-alors-qu'il-fait-encore-jour. C'est une lumière à enfance, ça. De ces étés où l'on peut jouer encore dehors, avant, et après le repas, parce que demain matin le réveil ne sonne pas.

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       Ce soir au repas, quelqu'un parle de « the intensity of the light », alors qu'il n'existe plus que la lueur de la bougie, et celle de l'astre. "You can not understand Cezanne, tant que vous n'êtes pas allés on the places of his paintings.", dit-il. "There, you see the lights, and colours, seasons...", lui répond une femme d'un air mi affirmatif, mi-questionnant.

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10.07.08

S'arrêter de penser, et juste ressentir

S'arrêter de penser et juste ressentir

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05.06.08

Je veux encore

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       Nous nous égarons dans la forêt après avoir vu les daims de la réserve. Si la prairie procure un sentiment de berceau, il n'en est pas moins vrai du relief, des pierres dentées, des mousses sur les souches, du ruisseau qui longe le chemin, des craquements de part et d'autre, des sentiers étroits bordés par les hauts conifères qui laissent oublier toute vie humaine et vous laissent voir le ciel par des formes choisies.

Midi, nous redescendons au village.

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       Ce soir, la rue est en vie, car c’est la fête savoyarde au Chalet. La petite Clara est agenouillée sur sa chaise, les mains sur le dossier. Elle regarde. Et là, dans un sourire, fait un salut de la main. Bien vite, elle se retrouve sur les genoux d’Eliness, qui l’aide à écrire les lettres dans les cases en tenant le crayon avec elle. La mère vient vers nous : « Merci, c’est gentil, elle s’ennuyait ! ».

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Vient le temps du dessert et ses chansons. Bien vite la salle entière s’emporte dans le chant en écho, les fausses notes aussi, les sourires en levant le verre.

Clara veut danser. Nous respectons consciencieusement les rondes et les arabesque artistiques de l’enfant, qui nous tient chacune par la main, avant de retourner danser avec ses parents.

C’est avec surprise que je vois ma grand-mère se lever doucement. Mon père la suit, aussi étonné que moi, tellement qu’il en rit. Eux, danser ? Je n’y crois pas. Nous nous retrouvons ainsi main dans la main, en ronde, à danser tous ensemble. J’aimerais qu’elle s’en souvienne. Le moment est spécial, dans l’ivresse, mon père donne la main à sa mère, qui donne la main à ma mère, qui me donne la main, et moi qui donne la main à Eliness, qui donne la main à mon père, qui...la musique a un autre goût, d’un coup. Je veux encore chaque jour voir mon père avec un tel sourire.

lune

Ce soir, plus tard, Dans nos lit superposés sans un mot, la lumière éteinte, j’entend Eli qui lève le bras. Je descends le mien, nous nous serrons la main un instant, sans une seule parole.

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