12.02.16

Sage

La souriante M., mon élève de piano, m'a dit : 

"J'y ai pensé aujourd'hui, il faut que je te dise : tu es apparue dans ma vie au bon moment, et c'est peut-être pas un hasard ; parce que pile à ce moment-là, j'avais besoin de toi pour m'extérioriser. En fait, pour les gens qui ont choisi l'outil piano, tu es une sage-femme. Tu les aides à accoucher de ceux qu'ils sont. C'est ça, ton rôle. "

J'ai regardé au plafond en levant les bras, lui disant "mais... mais ce que tu me dis, ça me....", ne sachant pas comment réagir dignement à un compliment si fort. On a ri, et je lui ai dit "C'est génial de te voir accoucher de cette musique". 

Ci-dessous, je vous joue "Gonna Rock", de H.Peychart

Et là, "Watermark" de Enya. 

Miniloup avait bien besoin d'un rock pour se réveiller un de ces derniers matins...

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... puis retourner se coucher, ailleurs...

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 ... et éventuellement aller s'asseoir sur ses fesses pour glander sur le canapé de la véranda un jour de pluie.

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 Le repas du samedi : cidre, jambon séché de Savoie, salade de jeunes pousses avec croûtons à l'huile d'olive et à l'ail, dés de fromage d'Abondance.

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20.01.16

Les rencontres

Apprendre à des gens à jouer du piano, c'est les voir réaliser une part d'eux-mêmes, et ça c'est fou fou fou.

M. est une jeune femme blonde et gracile de 32 ans. Elle a des poignets si fins ! Elle est venue en me demandant : "J'ai une demande spécifique. J'ai besoin de ne plus faire semblant de jouer du piano.". 

Alors je lui ai appris la force. Celle que j'ai dû jadis moi aussi développer dans mes bras menus. Là où ce fut subtil, c'est lorsque j'ai essayé d'expliquer que jouer avec force et assurance n'est pas nécessairement en rapport avec le volume sonore. J'aime ce genre de subtiités, parce qu'elles font appel à notre personnalité intérieure ; pas qu'à de la technique. 

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" (M) : - Je suis contente de venir jouer. Est-ce que tu sens ton coeur s'ouvrir, toi ? 
(Moi) : - Oh M., j'aime ta façon de parler vrai. Pour te répondre : oui... c'est le principe du partage.  
(M) - C'est comme si toutes les personnes qui sont sur notre route étaient là pour nous faire travailler une part de nous-mêmes.
(Moi) - ... et souvent elles arrivent pile quand on avait besoin d'elles.
(M) - Mais c'est parce que c'est ça, la magie de la vie ! "

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19.12.15

Ceci est un message clandestin

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Ceci est un message clandestin, enregistré en brouillon, jamais organisé, jamais fini, publié tel quel après une nuit blanche trop noire. 

J'implose. 

Amour, amour, ok, mais d'abord il faut se développer soi, tout ça. Je t'emmerde, belle parole. On vit tous pour ça. On est tous tournés vers la quête de celui/celle qui sera notre Autre. Les livres, les chansons, la culture, l'art, les films, la vie. Un animal sociable, de famille, même celui qui te dit philosophe qu'il faut d'abord être heureux tout seul. On a besoin de l'autre. 

La santé, l'argent. L'amour. 

Et j'ai un cratère béant en moi, un volcan plein et vide à la fois qui voudrait donner et recevoir, parce qu'il en ressent un putain de besoin, c'est physique, c'est prenant, ça fait mal parfois.  

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26.10.15

Bras précieux

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J'expliquais à une de mes élèves de piano que la force et l'interprétation d'un morceau ne proviennent pas que des doigts, mais de tout le bras, jusqu'à l'épaule, et même dans l'absolu de tout le corps. Elle m'a répondu que c'était tant mieux, parce que pour elle, les bras représentaient la capacité à prendre la vie. Elle a alors fait le geste d'amener cette vie à elle. Et j'ai trouvé ça beau.

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22.08.15

En plein Vol

Dimanche, 15h, un village quelque part sur terre. Il fait beau et ni chaud ni froid, alors je suis sortie au jardin avec une nectarine et un sirop de grenadine. J'arrive au noyau et je me rends compte du calme incommensurable qui règne autour de moi comme un cocon de coton.

J'entends des oiseaux et le vent dans les branches. C'est comme les dimanches de quand on était enfants, qu'on sortait prendre le goûter et que la seule préoccupation c'était à quoi on allait jouer après. Ma tête est vide de tout, surtout de tout souci. On m'a offert un livre* dans lequel il était écrit que rien n'est douloureux en soi, que la douleur n'est qu'une erreur de pensée. (*N.D.Walsch, Conversations avec Dieu)

J'adore la musique de mon piano, mais alors qu'est-ce que j'adore aussi le silence du chant du vent dans les arbres et du vol des papillons! J'emmerde les portes qui claquent, les gens qui crient, la circulation routière, la musique trop forte et les travaux. J'emmerde les magasins, le bitume et les « C'est un coin paumé », les « Y'a rien à faire » (c'est faux) et les « Tu t'ennuies pas là-bas ? ».

Là maintenant tout de suite, divinement saoulée du chant de la brise, je vole dans un de ces moments où j'atteins l'état dans lequel rien n'a d'importance. Rien.

Tout est muable, volatile.

Je vole.

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03.06.15

Dons authentiques

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J'ai pris un goûter vrai, un goûter de campagne. C'est Mon Voisin Hubert qui m'a vendu ces saucisses fumées de sanglier, et donné des poires hivernées (conservées pendant l'hiver). C'est divin, ce fumet de fait-maison qui s'en dégage. "Si vous voulez encore des poires il suffit de demander !".

Ce partage, ces dons, ces échanges qui s'intriquent, ça me touche à chaque fois. Le jour où il m'a donné six truites qu'il avait pêchées, ou celui où je l'ai entendu m'appeler depuis sa cour, pour finir par me tendre un seau de cerises qu'il venait de me cueillir, j'aurais pu écrire de longs articles la larme à l'oeil, parce que tout ça c'est donner de nous de l'authentique.

C'est ce que j'ai fait le jour où j'ai ramassé un chat parti au paradis des chats dans la cour de mes voisins pour leur éviter cette vision, c'est ce que je fais lorsque je discute avec la petite voisine de 3 ans pendant bien 20mn de ma journée parce qu'elle aime ça, ce que je fais lorsque j'envoie un colis à un être aimé, ou lorsque j'offre un barbecue et des petits pots de compote de pommes à toi qui viens en m'apportant un pot d'hortensias à planter dans le Grand Jardin. Il suffit parfois que le téléphone ou la boîte mail retentisse pour vous annoncer un adorable commentaire sur votre blog, un bonjour, un bonne nuit, un je pense à toi, un mot affectueux pour vous changer le cours d'une journée.

Dans ce monde où c'est chacun pour ses fesses, on oublie un peu ce qu'est de veiller les uns sur les autres. Pas besoin d'être de grands amis à la vie à la mort pour veiller, mais juste un peu comme ça, ce serait de la force et de l'ouverture d'esprit qu'on se donnerait.

2015-05-29--16

Le Mini-Loup aussi rencontre des amis qui veillent sur lui.

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